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LAURENCE CHELLALI

Amour perdu – Livre d’artiste

En réalisant cette série photographique, j’ai eu envie de raconter une fiction dont l’esprit est puisé dans le courant du romantisme européen du 19ème siècle.

Sur les traces de Madame de Staël et à travers les souvenirs d’une femme, je propose d’explorer le sentiment douloureux de l’incomplétude de la destinée, de cette incurable maladie de l’âme propre au romantisme et caractérisé par une fin dramatique et inéluctable.

Dans le même temps, bien que le sentiment soit violent, cette douleur possède un charme auquel cette femme ne veut pas renoncer et elle se complet à en garder le souvenir. Les vers d’Alfred de Musset pourraient être siens :

Le mal dont j’ai souffert s’est enfui comme un rêve. Je n’en puis comparer le lointain souvenir Qu’à ces brouillards légers que l’aurore soulève, Et qu’avec la rosée on voit s’évanouir.

(Extrait du poème « La nuit d’octobre »)

Le mouvement du romantisme ne peut pas non plus être envisagé sans la présence forte de la nature, à la fois propice à la contemplation, représentante des mystères de l’âme, mais parfois aussi violente, dans laquelle l’homme y trouve le reflet de ses passions. Dans la série photographique, point de tempête sur la mer, mais une force mystérieuse et invisible qui ravit ce premier amour.

J’ai souhaité enrichir l’esprit de cette histoire par la création d’un objet précieux aux airs romantiques d’un journal intime et qui met en scène pour ainsi dire la mélancolie et le sentimentalisme.

Ce livre-objet, comme tout journal intime, est destiné à être gardé secret et pourrait être de ceux qu’une femme cache tout au fond du tiroir de sa lingerie.

Ainsi, il m’a semblé que sa réalisation devait être faite avec des matériaux extrêmement féminins tels que la dentelle, la soie, un ruban de satin. Le papier est doux et délicat au toucher. Pour préserver l’intimité de ce livre-objet, celui-ci est enroulé dans un mince foulard de soie avant d’être conservé dans une boîte à l’aspect satiné.

L’étole de soie n’est pas anodine car elle est l’ultime trace concrète de cette histoire ; symbole du rêve évaporé et peut-être de l’hymen perdu, nous la retrouvons dans l’avant dernière photo alors que cette femme voit partir son amant à jamais.

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La série complète est visible ici : Amour perdu



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